S2 UN ESPACE A STANICA EN SLOVAQUIE POUR LE THEATRE CONTEMPORAIN ET LA DANSE

En 2009, l’équipe de Stanica en Slovaquie a construit un théâtre de 100 places sous une rocade à partir de caisse de bière et de paille dans le cadre du projet S2.

S2 est un projet de revitalisation du territoire industrielle entourant le lieu Stanica dans la ville de Zilina en Slovaquie. En 2005 un groupe de jeunes architectes et de designers a réalisé la rénovation du passage souterrain et d’un nouvel atelier. Depuis 2006 un parc collectif a été créé, ainsi qu’une scène d’été.

La construction du hall S2 est le dernier des projets qui a été fait en 2009. Le bâtiment est composé de deux cylindres se croisant, insérés entre le pilier du pont avec sa façade de caisses de bière et l’entrée construite à partir d’un conteneur de bateau. La vertu de la construction est principalement dans sa conception écologique et économique. Elle n’a pas exigé de technologies et de matériels chers ou sophistiqués. Au contraire c’est une réflexion faite à partir du recyclage de matériaux locaux et de déchets.

La construction de S2 a été particulièrement faite pour redonner vie à l’espace inutilisé sous la route. La seconde raison de construire cet espace a été le manque de lieu pour la danse et pour les événements plus importants. L’objectif était également de montrer d’autres solution aux partenaires publiques qui investissent de l’argent dans des lieux culturels nationaux et municipaux énormes qui rencontrent des difficultés à cause des frais de fonctionnement (entretien, chauffage...). Cela a été une grande motivation pour l’équipe de ce lieu pour mettre en œuvre ce projet architectural original, écologique et alternatif. Aujourd’hui un appel à la participation a été lancé pour continuer ce projet.


La Fiche Af/Ap de Stanica
Le site de Stanica

Les photos sont extraites du site internet de Stanica


EDITO : NOUS DEVONS NOMMER NOS PRATIQUES !

Nous ne devons pas abandonner « l’excellence artistique » à quelques esthètes autorisés. Nous ne devons pas nous laisser confisquer l’espace et le vocabulaire…

Notre engagement dans un art « émancipé » qui par définition et vocation se doit d’être marginal, original, alternatif fait que l’on nous colle des étiquettes, justement de marginaux, d’originaux et d’alternatifs qui justifient des conditions d’existences pénibles et des situations déplorables... Ce que l’on appelle les nouveaux territoires de l’art sont particulièrement propices à l’exploration et la recherche artistique. Ces dispositifs d’irruptions créatives sont, de façon tout à fait regrettable, essentiellement appréciés pour le terrain qu’ils occupent et le public qu’ils touchent : le domaine de l’action artistique est loué pour ses capacités apaisantes sur les populations, rarement gratifié et reconnu pour ses productions singulières.

Les nouveaux territoires de l’art ne se limitent pas nécessairement à des espaces. C’est une façon de faire « autrement » qui conteste par ses démarches et par ses formes les règles de « l’art culturel » habituellement proposé.

Nous devons positionner notre « occupation » du territoire, nommer nos pratiques : essayer là encore « autrement ». Revendiquer notre Art du Territoire comme un mouvement artistique à part entière... peuplé « d’excellents » artistes.

Il faut « accabler » l’Art par son insistance à le désacraliser. Ne recherchons pas la perfection, méfions nous en : il est essentiel de placer la virtuosité à l’endroit de « l’acompétence ».

L’Art a beaucoup à voir avec l’aberration, avec un écart de la réalité d’où sa finalité paradoxale mais salutaire : celle de faire supporter sa situation tout en se révoltant contre ses conditions d’existence.

Yves Fravega (Cie L’Art de Vivre-Le Comptoir de la Victorine), mars 2010
Membre d’ARTfactories/Autre(s)pARTs

Pour approfondir :


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Texte intégral d’Yves Fravega (Cie L’Art de Vivre – Comptoir de la Victorine – Marseille), Mars 2010

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