Vers une utilisation plus rigoureuse de la notion de projet

De plus en plus, le ministère de la culture (ou les autres instances publiques) gèrent les activités en demandant la rédaction préalable d’un projet. Un projet énonce en général des objectifs, des méthodes pour y parvenir, un calendrier de réalisation, un CV des artistes, un budget. Mais l’utilisation généralisée de cette procédure présente plusieurs inconvénients. Elle est trop souvent décalée par rapport à une démarche artistique pleine d’imprévus, aléatoire dans son essence même. De plus, les difficultés ou les richesses rencontrées sur le terrain transforment peu à peu la demande prévue dans le dossier initial. La procédure exige aussi une anticipation forte, avec un décalage important des décisions des divers financeurs. Enfin la procédure devant dans la plupart des cas se répéter d’année en année, elle oblige nombre d’acteurs à introduire un projet pour survivre, aucun financement structurel n’étant prévu, sauf dans certains conventionnements pluriannuels. D’où une multiplication des projets qui perdent peu à peu leur rôle essentiel : assurer une dynamique de développement culturel selon des objectifs et non pas "bricoler" une continuité de gestion des équipes ou équipements.

Proposition 8

Autre(s)pARTs soutient la nécessité de réaffirmer de manière rigoureuse le fonctionnement d’une politique culturelle sur projets. Pour ce faire, nous plaidons pour une généralisation des appels d’offres ouverts à projet, mais selon une double procédure simultanée. La première porterait sur la prise en charge des frais fixes de structure (de l’équipe et/ou équipement) et s’établirait sur la base d’un projet structurel de fonctionnement à horizon de 5 ans, renouvelable. La seconde concernerait les projets élémentaires de développement artistique et culturel, selon des horizons renouvelables ou non de 1 à 3 ans selon les cas.

Dans tous les cas, nous plaidons pour que soient déterminés avec précision et adaptés à la logique de projet (et non à la logique purement administrative) les procédures, les délais d’exécution et les modes d’évaluation administratives. Les aléas de réalisation des projets devraient être réglés par réunions contractuelles expressément prévues entre les divers partenaires (dont financiers).

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Mis à jour le vendredi 23 octobre 2009