Vendredi 23 juin 2017, "l’auteur dispersé"


Le thème du prochain atelier de réflexion sera "l’auteur dispersé". Il se tiendra le vendredi 23 juin 2017 à la Gare au théâtre, 13 Rue Pierre Semard à Vitry-sur-Seine.


Vendredi 23 juin 2017,

Intervenant-e-s :
- Natacha Paquignon, chorégraphe, Association CAB - Corps Au Bord / Compagnie Natacha Paquignon (http://natachapaquignon.fr/)
- Lionel Maurel, juriste et bibliothécaire aka Calimaq, auteur du blog S.I.lex (https://scinfolex.com/)
- Nicolas Frize, compositeur et porteur de l’association "Les Musiques de la Boulangère" (http://nicolasfrize.com/)

« Qu’importe qui parle, quelqu’un a dit qu’importe qui parle. »

Ainsi s’ouvre, sur une citation de Samuel Beckett, la conférence "Qu’est-ce qu’un auteur", que Michel Foucault tint le 22 février 1969 devant la Société française de philosophie.

Qu’elles divisent l’auteur, qu’elles dispersent le texte ou qu’elles fragmentent l’écriture, quel sort les expériences artistiques et sociales qui se mènent dans les lieux intermédiaires font au nom de l’auteur, au geste d’auteur et au statut de l’auteur ?

En dépit de la fortune des politiques d’aide à la création, et des puissants lobbies de défense du droit d’auteur, l’auteur est probablement le professionnel le plus mal loti des professions artistiques, à quelques exceptions près, et probablement est-ce également vrai dans nos espaces d’expérimentations artistiques et sociales, où la figure de l’auteur, dans son aperception courante, s’efface tant derrière le partage de la création que la multiplicité de ses supports. Pourtant le geste artistique y joue un rôle fondateur, ce qui revient à dire qu’il y est, dans son principe, appréhendé comme "geste d’auteur", ou pour le dire encore autrement, que la question de l’auteur y est prise au sérieux - ce dont on peut douter, s’agissant de l’entertainment et des grandes industries culturelles, où pourtant part l’essentiel de la rémunération du "droit d’auteur".

Partant de cette contradiction, et pour l’appréhender correctement, nous vous proposons d’aller voir en amont de la question du droit et du statut social, où les choses sont si confuses, pour engager la discussion autour de la notion d’auteur elle-même, au-delà des supports d’écriture(s) et des disciplines. Penser ce que c’est qu’être auteur aujourd’hui, dans des écritures intermédiales, à travers des processus contributifs, dans des contextes de création partagée, d’action artistique, de travail du commun(S), d’intervention dans l’espace public, de remix... et penser les enjeux politiques, législatifs, culturels qui en découlent, du point de vue plus large d’une politique de la culture qui voudrait authentiquement aider la création et les créateurs.

Cet atelier inaugurera un cycle de réflexion que nous souhaitons mener autour de la question des "nouveaux droits", ces revendications ou ces pratiques militantes qui se construisent autour de la conquête de nouveaux droits, comme lutte contre les diverses formes d’enclosures dont notre époque connaît le développement : libristes contre propriété intellectuelle, droit à la ville contre promotion urbaine et partenariat public/privé (PPP), droits du vivant contre brevet sur le vivant, etc... Le cadre général de ces nouvelles revendications nous paraît contenu dans l’hypothèse d’un travail du commun - pour l’énoncer à la manière de Pascal Nicolas-le-Strat.

Ce cycle aura pour ligne de fuite de penser la façon dont nos espaces/projets s’insèrent dans le développement d’une logique des commun(S), entre communs du vivant (écologie, droit des animaux, droit du corps...) et communs de la connaissance (logiciels et licences libres, domaine public...), comme communs urbains, sociaux et culturels.

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Mis à jour le mardi 20 juin 2017