Dans cet article Claude Renard, expose un bref historique des "Nouveaux Territoires de l’Art" et soulve l’pineuse question des labels dont celui d’ "Acadmie des Arts"...


Introduction de Hannah Arendt son livre : La crise de la culture
Je commence cet article par des guillemets et je rsiste mal la tentation de ne faire que des citations aujourd’hui plus que jamais j’ai besoin de leurs lumires et ces guillemets sont comme des loupiottes qui m’aident sortir des impasses. Elles donnent au pass une couleur de prsent et au futur un gout de revenez y. Le temps est alors sans limite et l’espace sans frontires incertitude oh mes dlices vous et moi nous nous avanons, comme s’en vont les crevisses reculons, reculons » APOLLINAIRE

Je vais reculer pour mieux avancer, sans nostalgie jusqu’ ces 3 jours de colloque en fvrier 2002, qui a runi l’initiative de Michel DUFFOUR (secrtaire d’tat au patrimoine et la dcentralisation culturelle) dans une dynamique de projet interministriel, mille participants, du local l’international » pour dfricher les Nouveaux Territoires de l’Art (NTA) la Friche la Belle de Mai Marseille. ...quand pour tout l’art du monde on se donne rendez vous dans un port, le regard port sur le monde lui mme ne peut tre tout fait le mme » dclare le secrtaire d’tat en ouverture.

© Affiche dans une rue à Bordeaux (FR) – 2009


Pour contribuer cette volution qui ne se voulait pas une fin, mais un levier, une mission tait prconise dans ces termes :
Pour mener bien cette nouvelle tape du dveloppement culturel, il faut considrer :
Avant tout le contexte local, afin que soient prise en considration les aspirations des populations et la force de propositions artistiques,
C’est pourquoi il n’est pas seulement prconis un soutien aux exprimentations, mais davantage d’exprimenter une nouvelle politique publique.
Il s’agit de constituer une mission ad hoc qui aura comme vocation d’accompagner les projets par l’appui aux collectivits locales, l’appui aux services dconcentrs de l’tat, l’appui la rflexion transversale au sein des diffrents Ministres concerns, la ngociation de partenaires globaux ».

Elle devait tre constitue de 5 ou 6 cadres issus des diffrents Ministres...

On connait hlas la suite, le changement de majorit en mai 2002 a casse cette dynamique. Il est rest une charge de mission issue de la DIV (Dlgation Interministrielle la Ville) et une convention avec le Ministre de la Culture et de la Communication et le Groupement d’Intrt Public l’Institut des Villes qui avait t sollicit pour accueillir cette mission.

Rescape, comme m’a nomme M. DUFFOUR j’ai essay de rsister et d’assurer avec ce minimum le maximum de veille, d’accompagnants et de capitalisation soutenue par les quipes regroupes dans l’association AUTRESPARTS, le collectif du COUAC, des personnels, des administrations, notamment de la culture, des lus, comme ceux de l’agglomration de Toulouse qui n’ont pas renonc porter les NTA dans leurs politiques et surtout comme E. HERVE qui, prsidant l’Institut des Villes ne s’est pas content d’hberger la mission, il a favoris sa rflexion, sa crdibilit au prs des lus et soutenu , l’organisation de colloques, de sminaires, de rencontres rgionales qui permettaient d’ tablir un tat des lieux entre tous les partenaires, de mutualiser les initiatives porteuses de solutions innovantes trouves pour surmonter les difficults rencontres sur les territoires. Avec le Conseil d’Administration de l’Institut des Villes il a particulirement souhait la mise en uvre de deux publications :

 l’une rassemblant les propos des 80 intervenants du colloque NTA qui s’est tenu Marseille paroles plurielles d’lus, artistes, chercheurs, architectes de plusieurs nationalits recueillies par Frdric KAHN et Fabrice LEXTRAIT.

 l’autre PAROLES D’ELUS rassemblent le point de vue d’une trentaine d’entre eux qui sont l’uvre pour questionner, produire de nouveaux outils de nouveaux cadre qui sont des pistes d’action des pistes d’envol et de rflexion partager avec les services de l’tat Ils sont premire ligne pour installer durablement ces projets atypiques et singuliers, ces trublions d’o peuvent sortir ces utopies concrtes pour un avenir toujours en friche » comme le dit Philippe HENRY.

travers leurs rcits qui sont autant de rencontres entre politiques et acteurs culturels qui se dessinent une faon de penser autrement la place de la culture dans le dveloppement urbain, social et conomique des villes. Les NTA participent la ville que nous voulons construire pour demain, ils interrogent autrement l’espace public ». Ils le reconquirent pour en faire un espace commun sans formatage, ils imposent aux politiques publiques d’accompagner autrement ces initiatives artistiques, culturelles, citoyennes.

Au-del des dispositifs sectoriels phmres des politiques d’tat qui morcellent les initiatives et crent des antagonismes qui n’ont comme objectif que d’touffer les cris pour retrouver la ville la communaut, le commun, phrase qui rsumait pour VIRILIO, l’essence de la Rencontre de 2002, Les NTA et leur partenaires ils proposent, bricolent construisent de nouveaux outils plus transversaux, mieux concerts.

Sans l’espace commun o la mission NTA l’Institut des Villes leurs proposait modestement de partager leurs exprimentations, comme en 2006 au Snat, que deviendront leurs propositions ?

Quand vous lirez cet article l’Institut des Villes n’existera plus.

On sait aujourd’hui que la mission NTA porte aprs mon dpart la retraite en 2007, par Fazette BORDAGE n’ a pas survcu malgr les interventions des Associations d’lus membres du GIP, du prsident BRUNO BOURG BROC et de l’association ARTfactories/Autre(s)pARTs.

St’Art Acadmie : concidence ?
Le flou du partenariat entre la politique de la ville et le Ministre de la Culture et de la Communication a sonn le glas de la possibilit de prolonger la mission NTA, qui malgr de nombreux alas avait su accompagner le parcours d’lus de service de l’tat d’oprateurs culturels, artistes, associations confronts au besoin d’installer dans une dure suffisante et ncessaire leurs projets, des espaces capables de les hberger.

Quasi concomitamment merge du secrtariat d’tat port par Fadela AMARA un nouveau label ACADMIE DES ARTS, est-ce une concidence ?
Il est rendu public au moment de l’inauguration d’un lieu Cenon dans l’agglomration de Bordeaux, qui fut prfigur pendant de longues annes par la talentueuse quipe de MUSIQUES DE NUIT.
On ne peut que se rjouir de cette ouverture, mais ils mritaient mieux que d’tre labliss ACADMIE DES ARTS.

Une fois de plus un machin », mme pas un dispositif vient se substituer la volont d’inscrire dans la dure une politique de droit commun en direction de projets qui essaient avec des artistes, des citoyens, l’art de vivre autrement, la transformation de la ville de la cit qu’il soient situs ou non dans la gographie qui n’a plus de prioritaire que le nom en ce qui concerne le soutien aux initiatives culturelles.

Ce label au got de brioche rassie ne peut pas remplacer le pain qui nous manque pour installer du durable et du dsirable dans nos vies quotidiennes. Il ne nous reste plus qu’ esprer que la convention qui sera signe le 14 octobre 2010 entre le Ministre de la Culture et de la Communication et la politique de la ville permette la naissance de nouveaux possibles...

Claude Renard Chapiro
Agissante culturelle
Membre d’ARTfactories/Autre(s)pARTs

Mis à jour le mercredi 29 juin 2011