Point de vue 6 : Les espaces projets de démocratie culturelle : pour une nouvelle étape de l’art dans la cité

Comme son nom l’indique, ce texte propose d’impulser un changement dans l’approche politique de la création artistique. « Politique » au sens étymologique du terme, c’est à dire l’ensemble des relations qui unissent l’art à la cité.

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De la démocratisation à la démocratie…

Les politiques culturelles se sont construites sur des principes de démocratisation de l’art qui ne sont plus adaptées à nos sociétés. Il est temps de passer à une véritable démocratie culturelle. Que signifie ce passage ? La politique de démocratisation consiste à mettre le peuple en contact avec le Grand Art. Cette approche présuppose que l’Art ne serait pas démocratique a priori. Il y aurait, d’un côté, un Art légitime produit par une élite (pour une élite, d’où la nécessité de démocratiser) et de l’autre, des formes d’expression qui, parce qu’elles sont populaires, seraient artistiquement illégitimes. Or, les artistes ont toujours pris un malin plaisir à déplacer les cadres et à transcender les frontières. La pureté n’est vraiment pas un paradigme esthétique opérant ! De plus, on sait depuis la fin du 19e siècle (Marx) que, de tout temps, la culture dite légitime (donc dominante) est toujours celle des classes dominantes. L’idéologie dominante est celle des classes dominantes. D’où la condescendance, sinon le mépris qui reste encore attaché à l’idée de culture populaire. Culture populaire = culture pauvre = sous culture. Avec un déplacement sémantique, dicté par des arrières pensés idéologiques, qui permet d’assimiler la pauvreté économique à la pauvreté intellectuelle. La culture du pauvre serait une culture pauvre. Lire la suite

Frédéric Kahn
Rédacteur
Coordinateur du projet de Recherche-action d’ARTfactories/Autre(s)pARTs

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Mis à jour le mardi 30 août 2011