Point de vue 3 : La culture pour chacun : une approche tout à la fois large et étriquée de la culture… - oct. 2010

En septembre 2010, Francis Lacloche, Conseiller au Ministère de la Culture, remettait une note au Ministre énonçant un programme et des perspectives autour de la notion de « la culture pour chacun »… Quelques remarques de Philippe Henry.


André Malraux l’avait déjà mise en avant lors de la présentation du budget de la culture à l’Assemblée nationale le 27 octobre 1966. Même si sous certains aspects cette note pourrait nous sembler favorable, et permettre le développement de « nouvelles » actions artistiques et culturelles, cette annonce demeure un « pot pourri », sans moyens financiers réels, qui soulève de nombreuses interrogations…

Que le Syndeac s’énerve à la lecture du projet de programme "Culture pour chacun", qui n’est finalement qu’un petit programme (de l’ordre de 77 millions € prévus dans le PLF Culture 2011) en dit quand même assez long sur leur difficulté à laisser un peu d’air dans le développement culturel contemporain de l’art.

Certes, il est aidé par le fait que ce projet s’en tient à une approche tout à la fois large et étriquée de la culture. Si l’ensemble des pratiques symboliques qui constituent une culture a bien une fonction de création d’une identité commune et d’un lien commun (lien social) entre les individus qui partagent cette culture, il relève aussi de la capacité donnée à chacun de construire des parcours et des identités diversifiées, singulières et ouvertes aux autres. Par ailleurs, les pratiques artistiques font bien partie de cet ensemble, mais ont leurs propres spécificités, dont le projet ne dit absolument rien.

Par contre, il entretient une confusion, aujourd’hui comme hier, irrecevable entre les pratiques artistiques et les pratiques culturelles, plus largement entre l’art et la culture. Donc, on trouve bien dans ce projet de programme des éléments idéologiques qui peuvent entrer en résonance avec ce que défendent, au moins dans l’idéal, les démarches développées entre autres dans les friches culturelles. Mais après une mention pouvant paraître sympathique sur la nécessité d’"impliquer dans un processus actif d’appropriation et de création" nos concitoyens (et quelques autres mentions de ce type), la réalité de la mise en œuvre et des financements proposés fait ressortir une autre musique.

Dans le dossier de presse (29 septembre 2010) de présentation du budget 2011 du Ministère, le programme Culture pour chacun concerne essentiellement (p. 33) : l’éducation artistique et culturelle, l’enseignement de l’histoire de l’art (en lien avec les ressources numériques d’ailleurs), les lycées et plus spécifiquement les "internats d’excellence", la mise en place du "plan rural" (dont "un meilleur ancrage des pratiques culturelles dans le quotidien des populations"), des actions en faveur des "publics empêchés ou éloignés de l’offre culturelle" : actions culture-justice, culture-santé, pour les handicapés, avec les fédérations d’éducation populaire et les associations nationales de solidarité, mais aussi actions culturelles dans les quartiers (plan Dynamique Espoir Banlieues). Et si on regarde le dossier complet du PLF 2011 de la mission Culture accessible via le site du Ministère de l’Économie et des Finances, les chiffres prévus apparaissent dans toute leur précision. Si le Ministère de la Culture annonce une hausse de 3,6% du programme Culture pour chacun entre 2010 et 2011, le récapitulatif financier précis montre une baisse prévue de Crédits de paiements, entre 2010 et 2011, de 6,2% de l’action 02 du programme 224 (Soutien à l’éducation artistique et culturelle) et de 15,7% de l’action 04 du même programme (Actions en faveur de l’accès à la culture). Pour mémoire et même si les lignes ne recouvraient pas exactement les mêmes choses, la baisse, entre 2009 et 2010, avait été déjà de 17,3% pour l’action 04 (l’action 02 était, elle, en progression de 4,1%). Tout cela, je le rappelle, pour un montant global prévu pour 2011 du programme Culture pour chacun (qui relève essentiellement des ces deux actions 02 et 04 du programme budgétaire 224) de 76,9 millions € en effet. Soit très précisément 2,88% du total de la mission Culture (2.672,8 millions €), est-il besoin d’ajouter un commentaire ?!

Mettons enfin en regard ce montant assez ridicule du programme Culture pour chacun avec celui de l’action 01 du programme 131 (Soutien à la création, à la production et à la diffusion du spectacle vivant), soit 663,3 millions € prévus pour 2011 (- 0,5% par rapport à 2010) et l’on verra très clairement que :

1 - La messe est dite entre les annonces et les moyens disponibles ;

2 - Le Syndeac n’a vraiment pas à s’inquiéter de cette "bricole", même si, en effet, le projet pour ce programme énonce (p. 10) qu’il faudrait bien aller vers "une modification progressive, mais réelle, des cahiers des charges des établissements sous tutelle et la nomination d’acteurs convaincus et actifs en faveur de la culture pour chacun à la direction des établissements de tutelle" (on voit le poil à gratter induit !).

Non, définitivement, je continue à plaider pour mon hypothèse de la prise en considération et la mise en œuvre d’un véritable "second pilier" pour le développement culturel de l’art dans notre pays (cf ma leçon d’Avignon 2009, désormais publiée : HENRY Philippe. Arts de la scène : un tournant nécessaire. collection Entre-Vues. Avignon. Éditions Universitaires d’Avignon. 2010. 80 p.).

Je plaide également pour une argumentation plus sérieuse à propos des fonctions d’intermédiation qui devraient être partout renforcées, telles qu’elles apparaissent tout particulièrement dans ma dernière étude sur les friches culturelles.

Philippe Henry a été Maître de conférences, HDR au département Théâtre de l’Université Paris 8 – Saint-Denis. Il poursuit désormais à titre personnel ses recherches sur la socio-économie du spectacle vivant et les démarches artistiques en lien avec des populations d’un territoire donné. Il est membre fondateur d’Autre(s)pARTs et membre d’Af/Ap. Contact : phenry4@wanadoo.fr, (+33)143794346, 77 rue de Charonne - 75011 PARIS.



Voir également :

- Communiqué du Syndeac. Chacun pour soi ou l’art pour personne. 2010.
- BENHAMOU Françoise. "Pour Frédéric Mitterrand, le problème de la culture c’est la culture". In Rue89. 10/11/2010.
- CONROD Daniel. "Le glas de la “culture pour tous”". In Télérama n° 3174. 11/11/2010.
- DESCHAMPS François. "La « culture pour chacun », ou comment lutter contre "l’intimidation sociale" ?". Éditorial de la lettre d’information du réseau culture. 11/11/2010.
- HAYOT Alain (Délégué national du PCF à la culture). "Le populisme au service du marché". In L’Humanité.fr. 03/12/2010.
- NOIRIEL Gérard. "Défendons autrement la culture pour tous !". In Le Monde. 05/11/2011.
- VINCENT Jean-Pierre. "Défense de l’art pour tous". In Le Monde. 19-20/12/2010. P17.
- WALLACH JC. "La "culture pour chacun" : nouveau paradigme ou chant du cygne ?". In La Scène n° 59 - Hiver 2010-2011.

Mis à jour le lundi 12 mars 2012
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  • Février 2011
    12:37
    La culture pour qui ? retour sur un débat.
    par Quentin

    Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 23:00
    Article extrait du Blog L’oiseau rare de Jean-Gabriel Carasso

    La salle était archicomble ce lundi 7 février à la Maison des Métallos pour la troisième rencontre autour de « La Bataille de l’imaginaire », portant sur la question : « La culture pour qui ? Pour tous ? Pour chacun ? » Est-ce à dire que la question démocratique et sociale intéresse plus que les nouvelles technologies ? Sans doute. Mais surtout, les éléments du pugilat étaient réunis : une polémique violente autour du texte sur « La culture pour chacun » diffusé il y a quelques semaines, un « forum national » organisé par le ministère de la culture sur ce thème quelques jours avant, une riposte vigoureuse des syndicats qui appelaient à bloquer le-dit forum… et la présence annoncée du conseiller du ministre, co-auteur de la note en question face à la secrétaire nationale à la culture du Parti Socialiste. Le ministère de la culture était venu en force, j’y ai retrouvé nombre de fonctionnaires connus dans une autre vie. Le Parti socialiste, les syndicats et associations étaient également présents. Il allait y avoir du sang !

    C’était mal connaître l’esprit d’ouverture et de sérieux d’Archimède et de ses acolytes des éditions de l’Attribut et de la Maison des Métallos, et la maîtrise tranquille de l’animateur dont j’ai oublié le nom. De sang, il n’y eu pas. Juste un débat démocratique et public sur la question posée, à savoir : quels sont les enjeux qui se cachent derrière cette polémique ? Vrai ou faux débat ? Véritable fracture idéologique ou simples malentendus ?

    Après avoir entendu Francis Lacloche, conseiller du ministre, Sylvie Robert, secrétaire nationale du PS, mais également Jean-Claude Wallach, auteur de « La culture pour qui ? » et Daniel Conrod, rédacteur en chef adjoint à Télérama… Je retiens quelques éléments principaux.

    1/ D’abord la sensation d’un amateurisme confondant du cabinet ministériel et d’une maladresse inouïe dans la rédaction et la formulation de cette « culture pour chacun ». Au fond, à entendre les justifications du conseiller - courageux, notons-le, de se prêter ainsi au débat – on est frappé par la naïveté du propos plus que par sa prétendue dimension idéologique. En vérité, nombre d’idées et de pratiques défendues par lui sont aussi les nôtres, je pense par exemple à la Charte de coopération culturelle de Lyon, que j’ai personnellement souvent citée en exemple, ou encore le travail de Culture Commune dans le bassin minier du Pas-de-Calais. Mais en voulant rassembler ces expériences dans un concept théorique qui relève plus de l’agence de communication que d’une réflexion sérieuse sur l’action culturelle, l’effet produit est évidemment catastrophique. Ajoutons à cela le contexte politique général et le peu de légitimité accordée à l’engagement culturel de nos dirigeants… et l’on comprendra que le débat engagé soit, pour l’essentiel, stérile. Pire, en s’y prenant aussi mal, le ministère vient d’affaiblir en vérité tout un pan de l’action culturelle qui mérite effectivement soutien et développement. Paradoxal !

    2/ A la manière d’une campagne électorale ébauchée, Sylvie Robert nous a proposé une analyse critique du texte en question, point par point, récusant à la fois le diagnostic de base, le fameux « échec de la démocratisation » ; l’opposition « pour tous/pour chacun », vision binaire et non dialectique de la réalité ; l’absence de référence aux collectivités territoriales, désormais émancipées de l’Etat en matière culturelle ; le double langage autour de l’éducation artistique, annoncée comme priorité et largement affaiblie sur le terrain ; insistant enfin sur le principe d’opposition des catégories et des acteurs, là où il faudrait rassembler et unir… Rien à sauver, de son point-de-vue, dans la formulation ministérielle, pas même une intention cachée, une ébauche de critique des pratiques dominantes… Rien ! Ce faisant, elle produit également un discours binaire, sans nuances, à mes yeux affaiblit. Dommage ! Pour les propositions et le projet, il faudra attendre encore un peu, que le travail d’élaboration collective du Parti socialiste porte ses fruits. Soit, espérons !

    3/ Heureusement, les regards extérieurs, ou moins engagés directement dans l’action politique, nous ont apporté quelques éléments de réflexion utiles.

    De Jean-Claude Wallach, on retiendra le détour par la grande question de la définition même de « la culture », sans cesse mouvante, et le rappel de la rupture historique de 1959 qui vit la création d’un ministère des « affaires culturelles » séparé d’une administration en charge de la jeunesse, de la vie associative et de l’éducation populaire. Source de tous nos maux ! On pointera l’affirmation, indispensable, que le projet de « démocratisation » culturelle – jamais formulé par Malraux – consistait au mieux à rendre « disponibles » les œuvres d’art pour « le plus grand nombre », et non à toucher une majorité statistique de citoyens. L’enquête sur les « pratiques culturelles des Français », qui sert désormais de mesure et d’évaluation de la « démocratisation » n’a jamais été conçue pour cela. Nous avons affaire à un détournement d’outil sociologique à des fins politiques. Vaste manipulation, en somme ! Enfin, il soulève avec raison que le débat en cours pose en vérité les questions déjà très anciennes des relations entre l’art et le pouvoir, de la légitimité des politiques publiques de la culture, et plus encore de l’utilité et de la justification même d’un ministère de la culture dans le contexte actuel de décentralisation avancée. Vastes débats !

    4/ Mais c’est Daniel Conrod qui nous a offert l’analyse la plus touchante, voire la plus pertinente. En tout cas la plus stimulante. Trois questions principales se posent à notre monde, nous dit-il : comment faire société dans une période de développement croissant de l’individualisme de masse ? Comment maîtriser, si cela se peut, la question du numérique, à savoir qui communique avec qui, face à un écran ? Quoi faire face à la financiarisation galopante du monde et du réel ?

    A ces questions, fondamentales, la formulation du ministère de la culture sur « la culture pour chacun » ne fait qu’apporter une réponse de peur, évacuant ces problématiques de fonds. L’obsession pour la dimension locale, territoriale, de proximité lui semble exactement inverse à la nécessité d’une prise de distance, d’un décalage avec le monde pour mieux le percevoir et donc le maîtriser. L’idée que l’art actuel participerait de l’intimidation sociale lui semble profondément erronée, lui qui s’est personnellement « désintimidé » de son milieu social populaire précisément par la fréquentation artistique. Par ailleurs, le texte proposé lui paraît être l’illustration du triomphe – regretté – de l’ingénierie culturelle sur la conduite des politiques de la culture. Enfin et surtout, outre le fait que ce type de débat ne rassemble que des personnes d’un certain âge, nous manquons aujourd’hui des outils intellectuels nécessaires pour appréhender une réalité nouvelle qui émerge.

    De ces réflexions, concluons provisoirement que le débat, même s’il manque d’outils nouveaux et d’une jeunesse engagée, voire contestataire, mérite d’être mené, voire poursuivi. C’est en tout cas ce que nous ferons dès le 28 mars prochain pour la 4è rencontre à la Maison des Métallos, autour notamment de Gérard Noiriel, historien, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales. A vos agendas !

    Jean-Gabriel Carasso - Blog l’oiseau rare

  • Février 2011
    10:06
    COMMUNIQUE UFISC CULTURE POUR CHACUN Appel à mobilisation le 4 février
    par UFISC - Union fédérale d’intervention des structures culturelles

    Le concept "Culture pour Chacun" présenté par le ministre de la Culture dévoile une doctrine à l’image de la révolution à 360° du gouvernement : une opération de communication pour légitimer une politique de la culture se fondant sur des raccourcis idéologiques et entretenant la plus grande confusion sur le sens de l’action publique et des valeurs républicaines.

    Après l’école pour chacun, la santé pour chacun…, le gouvernement lance un nouveau programme sur la culture ! Mais dans les faits, la casse du service public se poursuit à travers la RGPP, les baisses de financement et l’installation d’une mécanique gestionnaire et comptable fondée sur les principes du marché idéalement concurrentiel.

    Dans le même temps, toute éthique de vivre ensemble est progressivement laminée par des discours d’individualisation et de fragmentation sociale.

    Alors que la crise invite à réviser notre modèle économique et à s’inscrire dans des principes de développement durable, c’est à une nouvelle instrumentalisation que se livre le gouvernement. Avec sa marque CPC, encadrée par un label et des référents CPC, son plan de communication, ses forums et son événement national CPC, la politique du ministère de la culture apparaît "marketée" comme un produit de grande consommation, communiquée sous la forme d’un slogan .

    Si au fil des propositions audibles pour les territoires ruraux, pour l’action éducative et culturelle et pour les arts numériques, une reconnaissance de la diversité des initiatives associatives et d’éducation populaire pourrait s’entrevoir, c’est oublier que la CPC ou « culture pas chère », désormais complétée par les qualificatifs « pour tous » et « partagée », repose sur le recyclage des dispositifs pré-existants et la réduction des moyens financiers. C’est aussi oublier que le véritable soutien aux pratiques culturelles de chacun ou culture de chacun, passe pour ce gouvernement d’abord par un appui à l’offre marchande. Cette dernière considérant chaque citoyen comme un simple consommateur de biens culturels, issue des industries culturelles et créatives, désormais au cœur des stratégies de politiques publiques.

    Faut-il le rappeler ? La culture n’est pas une simple marchandise !

    Si nous défendons la vision d’une relation renforcée entre création artistique et éducation populaire, ce n’est pas à travers des forums régionaux organisés sans concertation, dans l’urgence et l’impréparation, qu’une politique solide pourra être engagée. Alors que les directives concernant ce nouveau programme CPC sont déjà adressées aux autorités de l’Etat (Drac), peut-on parler de réelle consultation des acteurs ? Les organisations des arts et de la culture auraient certainement préféré que le ministère et les directions régionales concentrent leurs efforts sur de véritables cadres de concertation et de co-construction des politiques publiques.

    Si nous nous inquiétons des exclusions (culturelles, économiques, territoriales, sociales…) qui creusent les inégalités dans une période de crispation et de concentration, nous dénonçons l’usurpation du « populaire » pour des penchants populistes qui opposent et entraînent un glissement d’une culture émancipatrice vers une culture consommatrice.

    La déclaration universelle des droits de l’homme contraint l’Etat à respecter l’égalité en droits et en dignité de chacun, notamment par un accès de tous à la diversité des pratiques artistiques et culturelles. La diversité culturelle, terreau de l’échange, de l’innovation et de la création, est « pour le genre humain, aussi nécessaire qu’est la biodiversité dans l’ordre du vivant » et « constitue le patrimoine commun de l’humanité » (Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle de novembre 2001 - article 1). La Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, et les Agendas 21 pour la Culture ont ouvert l’ère d’une démocratie culturelle renouvelée.

    Le ministère de la Culture et de la Communication doit fonder son intervention sur ces textes signés et ratifiés par l’Etat français et l’Europe.

    Les organisations membres de l’UFISC demandent que les artistes et les citoyens soient au cœur du projet politique du ministère de la culture. Nous réaffirmons la nécessité d’une prise en compte de la diversité des pratiques artistiques et culturelles et d’une égale considération des formes.

    L’UFISC demande :
    * la consolidation du Service Public de la culture et des initiatives d’intérêt général sur tous les territoires,
    * la co-construction de politiques publiques ambitieuses pour les arts et la culture, fondées sur la diversité, l’équité et la considération des droits culturels,
    * le renforcement des moyens et la régulation de l’économie artistique et culturelle au service de la diversité et de la coopération,
    * le rétablissement des dispositifs et programmes de soutien à l’action éducative et culturelle,
    * la suppression du conseil de la création artistique.

    C’est pourquoi l’UFISC appelle à se mobiliser le 4 février !

    RDV à partir de 8h30 devant la Grande Halle de la Villette – 211, avenue Jean Jaurès 75019 Paris – Métro Porte de Pantin.

    POUR L’UFISC :
    LA FEDERATION NATIONALE DES ARTS DE LA RUE
    LA FEDUROK - Fédération des lieux de musiques amplifiées/actuelles
    LE SYNAVI – Syndicat National des arts vivants
    LE SCC - Syndicat du Cirque de Création
    LA FSJ - Fédération des Scènes de Jazz et de musiques improvisées
    LE CITI - Centre International pour les Théâtres Itinérants
    LE CHAINON/FNTAV - Réseau de structures de diffusion de spectacle vivant
    LE RIF - Confédération des réseaux départementaux de lieux de musiques actuelles/amplifiées en Ile-de-France
    LE SMA - Syndicat national des Musiques Actuelles
    ZONE FRANCHE - Réseau des musiques du monde
    THEMAA - Association des Théâtres de marionnettes et des arts associés
    LA FFEC – Fédération Française des Ecoles de cirque
    LA FRAAP – Fédération des Réseaux et Associations d’Artistes Plasticiens
    La Fédération nationale des acteurs Culture Multimédia

  • Janvier 2011
    16:01
    Appel au blocage du forum Culture Pour Chacun
    par CIP-IDF

    Appel au blocage du forum Culture Pour Chacun

    Le 4 février prochain, le ministre de la Culture a convoqué une grande messe pour célébrer son projet de Culture Pour Chacun (CPC) supposé définir les orientations du ministère de la Culture pour les trois ans à venir.

    Pendant ce temps-là :

    • Le protocole Unedic de 2003 reconduit en 2007 continue de nous précariser.
    • La baisse des subventions publiques et le désengagement de l’État dans les politiques culturelles détruisent les outils de production de la culture.
    • Les réformes du financement des collectivités territoriales interdisent aux principaux financeurs de la culture de poursuivre leurs actions.
    • L’application de la RGPP et la création du Comité pour la création artistique de Marin Karmitz minent et décrédibilisent sciemment l’action du ministère de la Culture.

    Nous refusons de participer à des discussions qui ne visent qu’à occulter ces faits. Le moment est venu d’inverser ce mouvement.

    La culture, qu’elle soit prétendument « pour tous », « pour chacun » ou « partagée », ne sera en fait pour personne tant qu’elle s’inscrira dans la continuité de cette politique.

    Soyons nombreux le 4, si nous ne voulons pas nous retrouver en très petit nombre plus tard.

    Rassemblement le 4 février à 8h30 devant la Grande Halle de la Villette.

    La Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile-de-France

  • Janvier 2011
    15:01
    Point de vue : La culture pour chacun : une approche tout à la fois large et étriquée de la culture… - oct. 2010

    Bonjour,
    Merci pour votre site riche en informations et contacts. En lisant les différents articles dont celui de Libération, ce débat m’énerve. Des éclats, des coups de gueule mais pas de discussions qui permettraient d’avancer un peu. Chacun reste dans son pré carré, enfermé dans sa bulle.
    La conférence de presse évoquée dans l’article de Libé est significative sur ce point. Elle évacue un peu trop rapidement quelques réalités sociologiques. Ce n’est qu’une infime partie des gens qui vont au théâtre et qui ont la chance d’avoir des sorties culturelles. Il y a bien un échec relatif de la démocratisation culturelle. Il suffit d’ouvrir ces yeux et d’observer les types de publics présents lors de représentations ou de discuter autour de soi pour s’en rendre compte. Cet état de fait a également été pointé par de nombreuses études. Il y a donc bien un problème à ce niveau là que l’on ne peut nier. Le secteur du spectacle vivant labélisé est sclérosé. Il est un système hiérarchique et peu ouvert (voir la place des femmes aux postes de direction). Il est aux mains de directeurs qui jouent régulièrement au jeu de la chaise musicale. Au final il existe une certaine routine et un fonctionnement peu différent des autres milieux et secteurs de la société. Il y a donc de nombreuses choses à revoir. Il est important de discuter sur les solutions, les processus à expérimenter et la mise en place de nouvelles actions artistiques et culturelles pour que l’art et la culture soient vecteurs de sens et de commun.
    Comme le souligne le texte ci-dessus, le projet de « programme "Culture pour chacun" n’est qu’un tout petit programme ». En revanche il enclenche de nombreuses pistes qui méritent débats et réflexions, non ? Ne serait-il pas temps de créer des espaces de discussions avec de « vrais débats » de fond pour tenter d’élaborer les politiques culturelles de demain et enrichir les discussions ?
    Didier

  • Janvier 2011
    10:27
    Un nouvel article sur le sujet dans Libération
    par Quentin

    Un article daté du 14/01/11 dans LIbération suite à la conférence de presses de l’association des scènes nationales :
    « Oui, nos théâtres sont vivants »
    Polémique . Suite à un rapport du ministère, les scènes nationales défendent leur image. Par René Solis

    Bonne lecture et bon débat !
    Quentin
    Pour ARTfactories/Autre(s)pARTs

  • Janvier 2011
    11:22
    Point de vue : La culture pour chacun : une approche tout à la fois large et étriquée de la culture… - oct. 2010
    par LV

    L’année 2010, a été marquée, entre autre, par les difficultées rencontrées par certains NTA (Nouveaux Territoires de l’Art) et de nombreux acteurs culturels, la disparation de l’Institut des Villes et de la Mission NTA, la mise en avant de l’échec de la démocratisation, un resserrement sur les labels…

    Impliquer les populations dans les actions artistiques et culturelles est une très bonne idée, complémentaire d’actions et de projets déjà développés. Cette co-construction, ce "faire avec" peut s’appliquer de différente manière, à plusieurs échelons. Favoriser la participation, la co-construction, les espaces conviviaux de rencontres, d’échanges et de confrontations…

    Néanmoins, vu les échos, de nombreuses interrogations demeurent en suspens : Quelles places pour les espaces-projets artistiques et culturels indépendants (sous-entendu non labellisé et issu de la société civile) ? Quelle place pour les autres manières de faire et les espace autogérés ? Quelle développement pour la maîtrise d’usage et la co-construction des projets ? Quid de l’art et de la culture ? Quelle inscription de cette politique dans le développement durable ? Quel budget pour une politique culturelle ambitieuse ? etc.

    Au final, j’ai le sentiment que c’est un projet de centralisation localisé par le biais des institutions et des lieux labellisés. Certains auraient l’argent, d’autres des compétences pour les projets participatifs... Les NTA et autres expériences de ce type devraient alors travailler avec les structures « reconnues » par l’État et les collectivités territoriales pour développer leurs actions et obtenir quelques financements exceptionnels (et ainsi survivre sur une courte durée) ?

    De grands débats en perspectives et de nombreux chantiers à mettre en œuvre ! Peut-être est-ce une occasion de commencer ce travail les 4 et 5 février 2011 au Forum national à la Villette... à moins que cela ne soit qu’une vaste opération de communication comme le craint le Synavi

    LV