Mobilisation - Il faut sauver le Comptoir de la Victorine ! - Marseille/France


Le Comptoir de la Victorine abrite des structures l’exigence artistique et culturelle incontestable. Or, ce lieu risque d’tre rachet par un promoteur, moins que la Ville n’exerce son droit de premption et qu’elle fdre d’autres collectivits publiques.


Si Marseille a pu devenir une place artistique relativement effervescente, c’est notamment parce qu’elle disposait d’espaces vacants dont personne, l’exception des artistes, ne voulait. Des associations et des collectifs ont pu, pour des sommes relativement modiques, dvelopper leurs activits dans ces dlaisss urbains. Mais, depuis quelques annes la fte est finie. Le
prix du mtre carr a grimp en flche. Economiquement la ville va beaucoup mieux ; les collectivits ont un rle rgulateur d’autant plus essentiel jouer. Le risque : l’asschement des lieux de vie collectifs et artistiques. Le territoire est dj en train de se rtrcir.

 A l’est, les 3 000 M2 de L’Usine Corot, lieu hybride, la fois studio de cration, salle de spectacles et restaurant, vont tre remplacs par des immeubles rsidentiels.

 Dans les quartiers nord, le Conseil Gnral vient de vendre l’ancienne Caserne Mirabeau, l aussi pour construire des logements privs. Le centre social et le collectif d’artistes qui occupent encore le lieu n’ont plus beaucoup d’illusions se faire.

 A la Joliette, centre nvralgique de l’opration urbaine et conomique Euromditerrane, le Thtre de la Minoterie a lui aussi failli disparatre. L’ancienne fabrique de farine va bientt tre rase, mais le projet, lui, devrait continuer puisque la Municipalit a pris conscience de l’enjeu et a rachet au promoteur l’espace ncessaire pour installer un thtre au pied du nouvel immeuble. Nanmoins, pendant les travaux , c’est--dire plusieurs annes, un lieu actif de production, de diffusion et d’accueil des compagnies sera indisponible.

 Un autre site risque d’tre sacrifi la spculation : le Comptoir de la Victorine. Ces 4400 m2, situs au coeur d’un quartier populaire, la Belle de Mai, ont notamment t investis par Guy-Andr Lagesse, Pascal Gobin, Yves Favrega, Jean-Paul Curnier et leurs complices de l’Art de Vivre et des Pas Perdus ... En tout 13 structures, artistiques, culturelles, mais aussi commerciales travaillent ici.

La mobilisation pour alerter la puissance publique semble porter ses fruits. Mais, il faut faire vite. L’actuel propritaire a dj sign un compromis de vente avec la socit Kaufman & Broad. La Ville a moins de deux mois pour prempter. Elle proposerait d’assurer le tiers du financement et laisserait la Rgion et au Conseil gnral la charge d’assurer les deux tiers restants. Les trois collectivits territoriales seraient-elles incapables de travailler ensemble ? Et l’Etat ? Il serait peut-tre temps qu’il se saisisse de la dynamique impulse par les "Nouveaux Territoires de l’Art"*.

Fredric Kahn

* Nouveaux territoires de l’art - Propos recueillis par Fabrice Lextrait et Frdric Kahn (Editions Sujets/Objets 2005)

Mis à jour le lundi 9 mars 2009