Mains d’Oeuvres (Saint-Ouen / France) : ancien Centre social et sportif Ferodo - Valeo

Projets menés autour de la Mémoire de Valeo - Mains d’Oeuvres - 2001

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image 200 x 143 La société anonyme française du Ferodo (SAF du Ferodo), entreprise anglaise, s’intalle à Saint-Ouen en 1923 au 15 rue Etienne Dolet.
L’entreprise exploite la licence anglaise "Ferodo Limited CB". Ferodo fabrique des garnitures de freins, se lance dans la fabrication d’embrayage à partir de 1934.
Quatre ans plus tard, il rachète la licence des compteurs hydrauliques "Vulcan Sinclair".

Le 27 mai 1980, la société anonyme du Ferodo prend pour nouvelle dénomination Valeo du nom de sa filiale italienne créée en 1964. Ce changement consacre un tournant dans la stratégie industrielle et commerciale de l’entreprise.
En effet, la licence d’origine la liant avec Ferodo Grande-Bretagne prévoyait un partage des marchés : interdiction d’intervention dans les pays du Commonwealth ou interdiction de certains produits (freins, embrayages) dans certains pays : Espagne, Italie.
La rupture avec Ferodo permet à Valeo d’affronter le marché international.

image 200 x 155 Son produit nécessitant un certain savoir-faire, Ferodo recrute à Saint-Ouen une main d’œuvre qualifiée, des ouvriers professionnels.
Ces derniers étant plus mobiles, Ferodo, soucieux de fidéliser son personnel et aiguillonné par un puissant syndicat, offre des salaires attractifs et entreprend un politique sociale avancée.
L’entreprise travaille alors en collaboration avec l’Ecole d’ingénieur de Saint-Ouen et son laboratoire de Tribologie. Une école d’apprentissage est mise en place dans l’entreprise.

Le 4 août 1959, Ferodo obtient un permis de construire pour un Centre Social et Sportif au 1 rue Charles Garnier.
Celui-ci est réalisé pour le personnel de la région parisienne.





Le Centre Social et Sportif Ferodo

image 200 x 197 « La Société Anonyme du Ferodo a inauguré en 1960 un Centre Social et Sportif situé à Saint-Ouen à proximité immédiate des usines qu’elle y possède.

Ce centre est ouvert à toute personne travaillant à la Société ou l’ayant quittée pour prendre sa retraite, soit dans la région parisienne plus de 2 000 personnes.
Il met à leur disposition, non seulement la possibilité de prendre leurs repas dans des conditions agréables, mais surtout des moyens de culture à la fois sur le plan intellectuel et sur le plan physique.

Les locaux et installations ont été soigneusement étudiés pour ne pas rappeler les usines voisines et éviter ce qui pourrait donner l’impression que le Centre Social en est un prolongement. On s’est, au contraire, attaché à employer tous les moyens favorisant l’évasion hors du cadre habituel des travailleurs.

image 200 x 200 Pour atteindre ce but et en cherchant à développer une conception moderne du confort, on a largement utilisé : le Silence, l’Air pur, la Lumière, la Couleur. Sur le plan des réalisations pratiques, cela signifie : l’emploi des sols, de plafonds et de revêtements insonores, un conditionnement d’air très étudié, la généralisation de la lumière blanche artificielle, enfin l’usage étendu de la couleur considérée comme la base de la décoration.

image 200 x 142 Le Centre Social et Sportif que nous vous présentons comprend :

Un restaurant de type self-service dans lequel 400 personnes peuvent prendre leur repas en même temps.

Des installations culturelles : Salle de conférences et de projections, Bibliothèque et Salle de lecture.

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Des installations sportives permettant de se livrer à de nombreux sports d’intérieur ou d’extérieur. L’athlétisme, l’escrime, le judo, le ping-pong peuvent y être pratiqués. Le tennis, le volley-ball et le basket-ball également sur deux courts dont l’un est couvert et sert de gymnase.

Enfin une Salle de Réunion, réservée au Cercle des Anciens et où ceux-ci peuvent en toute liberté, se réunir et profiter de nombreuses distractions.

Ces différentes réalisations sont maintenant en service depuis plus de six mois et il semble que le but recherché, "créer des moyens de culture et d’évasion", soit atteint. »

Introduction de la plaquette illustrée consacrée au Centre Social et Sportif, 1961

En 1991, Valeo vend le Bâtiment social et sportif à la SIDEC, société d’économie mixte départementale, titulaire d’une convention d’aménagement de la ville pour la reconversion du site. L’équipe d’Usines Ephémères, à la recherche d’un nouvel espace, repère le bâtiment et s’y installe en janvier 1998. Très vite, trois autres associations l’y ont rejoint : TransEuropeHalles, VECAM et Europe 99. La ville de Saint-Ouen rachète le bâtiment le 27 mai 1999 et accorde un bail de longue durée à l’association Mains d’Œuvres.


Projets menés autour de la Mémoire de Valeo à Mains d’Oeuvres :

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- Première étape / 2001 : rencontre avec les anciens occupants du Centre Social et Sportif

A l’occasion des journées du patrimoine reportées au samedi 13 octobre 2001, l’équipe de Mains d’Œuvres a souhaité rencontrer les anciens occupants du bâtiment et leur faire découvrir ses nouvelles activités. Le 13 octobre, près de quatre vingt anciens des usines Ferodo/Valeo étaient présents au repas et à la visite guidée des différents espaces du bâtiment. C’est avec grand plaisir et beaucoup d’émotion qu’ils se sont retrouvés et qu’ils ont retracé la mémoire du Centre Social et Sportif. Même si beaucoup d’entre eux ont été surpris, étonnés, un peu perdus face au nouvel aménagement du lieu, le second souffle que nous avons apporté à ce bâtiment les a beaucoup touchés.

image 200 x 134 Suite à cet événement, nous avons collecté un certain nombre d’archives (plans/photos/livret/catalogue d’inauguration/journaux...) relatif à l’ancien Centre Social et Sportif.

- Deuxième étape / 2001 : travail d’archives, de recherche historique sur les usines Ferodo/Valeo en collaboration avec les Archives de la ville de Saint-Ouen

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- Troisième étape / 2002-2003 : projet "Mémoire et Transmission d’une histoire industrielle à Saint-Ouen"

Nous continuons nos recherches sur la mémoire du Centre social et sportif Ferodo / Valeo et plus largement sur l’histoire industrielle de cette entreprise dans le quartier Joliot-Curie à Saint-Ouen.

Trois pôles de travail :

-  Pôle archives

Travail réalisé en collaboration avec les Archives de Saint-Ouen.
Il s’agit d’approfondir cinq pistes de recherche liée à la présence de l’entreprise Ferodo / Valeo à Saint-Ouen à savoir le contexte industriel global dans lequel elle s’inscrit, les politiques sociales alors en cours, son rapport avec le quartier "Joliot-Curie" (anciennement appelé quartier "Les six arpents"), l’histoire de l’entreprise et notamment celle du Centre social et sportif.
Pour ce faire, un travail de recherche en centres de documentation (bibliothèques nationales, Institut français d’architecture, archives départementales et communales etc.) et sur le terrain (repérage topographique) a été entrepris. Parallèlement, une collecte d’archives privées (contrat d’apprentissage, photographies personnelles, vêtements etc.) a été lancée. Cette source documentaire historique, restituée sous forme de synthèse de recherche illustrée, fiche de lecture, inventaire d’archives, doit nourrir le projet tout au long de l’année.

-  Pôle témoignages vivants

Travail réalisé par des membres de Médiazones, auprès des anciens employés de Ferodo/Valeo.
A travers ce pôle, l’objectif est de capter une mémoire vivante chargée d’émotion, de réflexion intimes et nourrie d’un parcours personnel.
Les anciens de Ferodo / Valeo sont interviewés et filmés individuellement. Il s’agit de ne pas constituer une histoire "désincarnée" mais de replacer en son centre ceux-là même qui la construisent : les hommes. Il apparaît important de laisser une trace non seulement écrite, aux futures générations, mais aussi la plus vivante et la plus riche possible à travers la parole. Pour compléter les témoignages et avoir pleinement conscience du contexte actuel dans lequel ils sont délivrés, une revue de presse sur Valeo est, par ailleurs, constituée.

-  Pôle transmission : entre "mémoire, réalité et imaginaire"

Travail pédagogique réalisé avec la classe de CM1 de l’école Irène Joiot-Curie, avec les interventions d’Isabelle Esposito (metteur en scène) Le projet prend tout son sens à travers cette notion de transmission aux nouvelles générations. Concrètement, le travail pédagogique s’appuie sur une histoire et une mémoire proche dans l’espace comme dans le temps. L’espace est celui du quartier où vivent les enfants, élèves de la classe. L’époque explorée 1923-1991 concerne des personnes de l’âge de leurs parents, grands-parents, arrière-grands-parents. Or malgré cette proximité, ils méconnaissent cette histoire et cette mémoire du fait de leur disparition en terme visuel (destruction des usines, réaménagement du quartier) et d’une absence d’échanges entre générations.

Objectif
Replacer l’enfant dans une temporalité (passé - présent - futur ) pour lui permettre ainsi de mieux se situer et de mieux se projeter dans l’avenir.

Pour cela, ce projet de classe a pour but de :
-  valoriser la complicité intergénérationnelle
-  aider les enfants à se situer géographiquement sur un territoire donné
-  sensibiliser les enfants à l’histoire d’une entreprise, celle de Ferodo / Valeo
-  aider les enfants à être acteur / citoyen de leur quartier : de par ce qu’il apprend, ce qu’il découvre l’enfant peut lui aussi transmettre, aider à se souvenir (réminiscence), apprendre à ses "aînés" (à sa famille, ses amis, ses voisins...)
-  développer l’imaginaire chez l’enfant : par rapport à ce qu’on lui raconte, et par rapport à ce qu’il peut projeter, imaginer pour l’avenir

Un point sur la dimension artistique du projet « mémoire et transmission »...

« Les enfants aideront les sœurs à se souvenir Les sœurs aideront les enfants à imaginer »

Le projet « Mémoire et transmission d’une histoire industrielle à Saint-Ouen » a très naturellement rencontré le projet « Celles qui marchent » d’Isabelle Esposito . dans la mesure où ce dernier interroge la mémoire de la ville de Saint-Ouen et est ancré très profondément sur le territoire audonien.

L’idée de ce projet est en effet de faire exister deux personnages féminins dans la ville de Saint-Ouen. Par leur présence, ces deux sœurs amèneront cette part d’insolite qui fait que ce que l’on croyait connu - une place, une rue- se donne soudain à voir sous un autre jour. Elles sont un mélange d’ermites, de chercheurs, d’enfants, des espèces de fées-sorcières en voie de disparition. Elles remettront du mystère, du rêve tout proche dans nos vies, dans la ville.

Parallèlement à sa démarche de création, Isabelle Esposito, développe un axe pédagogique, afin que, travail artistique et enseignement s’enrichissent l’un l’autre.

En novembre 2001 elle a animé un atelier "tu corps ton penses" avec des enfants du 18ème arrondissement à Mains d’Oeuvres.

Elle encadre depuis mars, un atelier "Les mots et le corps " pour des danseurs et comédiens professionnels, dans ce même lieu.

Objectifs généraux du projet :

-  Favoriser/encourager la transmission de cette mémoire industrielle de Saint-Ouen vers de plus jeunes générations et ce à travers des personnes ayant été acteurs à part entière de cette mémoire et, de fait, libérer de la parole, susciter l’écoute, la curiosité...
-  Reconstruire la mémoire du Centre Social et Sportif Ferodo/Valeo et l’inscrire dans une mémoire plus globale qui serait celle d’un mouvement industriel “socialisant”
-  Mener une réflexion sur la reconversion du patrimoine urbain issu de l’industrialisation (musée, habitat social...)
-  Dépasser le simple constat historique et s’appuyer sur une démarche artistique pour développer l’imaginaire

Pour en savoir plus sur ce projet :
infos@artfactories.net

Mis à jour le vendredi 25 octobre 2013