Parce qu’ils prfigurent les modes de vie futurs, les grands projets de ramnagement urbain ont une porte culturelle dont il importe de prendre la mesure. Ces enjeux, les acteurs culturels et les artistes runis au sein d’ARTfactories / Autre(s)pARTs (Af/Ap) y sont quotidiennement confronts, en inventant de nouvelles dmarches artistiques et formes d’action culturelle. Leurs exprimentations suffisent-elles en faire des
acteurs part entire des transformations urbaines ?


►SYNTHSE COURTE

Projets urbains et populations
Les projets de ramnagement urbain portent des reprsentations de l’espace public qui ignorent souvent la complexit des enjeux culturels qui y convergent. Les moyens financiers mis en uvre sont trop importants ou les mthodes trop grossires pour prendre en considration la diversit des personnes qui coexistent sur un territoire. On remarque pourtant, et ce dans le sillage de la politique de la ville qui a largement contribu bousculer les habitudes et redistribuer les rles, la multiplication d’instances participatives associes aux projets de mutations urbaines, mais leurs marges. Il s’agit par exemple de runions de concertation, de comits consultatifs ou de dbats publics dont l’objet est d’ouvrir le cercle de la rflexion et de la dcision l’ensemble de la population des territoires concerns. Sans rien dire de l’absence de poids juridique de ces instances qui, en ralit, ne sont que des organes de communication, au mieux des rservoirs o les responsables politiques et techniques peuvent puiser des ides, elles tmoignent en revanche d’une volont collective de nouveaux modes de gouvernance.

Dmarches artistiques partages
D’une certaine manire, ce renouvellement des modes d’action et d’organisation se retrouve au sein des dmarches artistiques et des projets culturels reprsents au sein d’Af/Ap. Il en va ainsi du changement de place et de rle que les artistes occupent dans une cration intgrant des non professionnels et prenant en compte les spcificits d’un territoire. Sous des formes et des degrs divers, la relation entre ces lments (art, populations, territoires) guide de tels projets.Observant que cette approche sensible et relationnelle fait souvent dfaut dans la conduite des projets urbains, les membres d’Af/Ap ont cherch durant cette journe comment faire valoir cette vision de l’art et de la culture qui, au final, induit une manire de vivre ensemble. Entre d’un ct l’engagement citoyen et la promotion de telles valeurs au sein des instances de concertation qu’on vient d’voquer et, de l’autre, la ncessit de se recentrer sur l’action artistique et culturelle, les avis ont diverg sur la stratgie adopter. Dans tous les cas, les artistes et les acteurs culturels ne peuvent continuer agir l’cart de ces projets urbains sous peine de disparatre.

Exprimentations politiques

Croire que la manire dont on conduit une dmarche artistique et celle dont se droule un projet urbain peuvent concider serait une erreur. L’expression artistique, aussi partage soit-elle, n’est pas a priori un bien commun, au contraire des enjeux collectifs recoups dans la transformation urbaine. En revanche, les savoir-faire mis en uvre par les artistes pour mener bien ces projets mritent certainement d’tre valoriss et reconnus par les diffrents acteurs du ramnagement urbain. Car ils portent sur des problmatiques de gouvernance (sans parler videmment de leurs capacits les traduire en un langage esthtique et sensible). Mais c’est justement l que le bt blesse, la dimension sensible tant moins facile apprhender comme l’ont dmontr la difficult aborder ce sujet durant l’atelier de rflexion. moins que le sensible ne soit l’attention et la place accorde aux relations entre les personnes, que ce soit l’chelle d’un projet artistique ou du ramnagement d’une ville.

Sbastien Gazeau
Textes rdigs partir des propos tenus Vitry-sur-Seine le 27 janvier 2012 lors de l’atelier intitul Comment (re)penser les enjeux culturels au cur des enjeux de ramnagement d’un territoire de porte mtropolitaine ? »

Quentin Dulieu (Af/Ap)
Coordination des Ateliers de rflexions


Mis à jour le mercredi 26 décembre 2012