L’école des sables (Toubab Dialaw / Sénégal) : son histoire


Toubab Dialaw est un village de pêcheurs à une cinquantaine de kilomètres au sud de Dakar, sur la "Petite Côte". C’est là que l’ancienne directrice de Mudra Afrique, la première école panafricaine de danse, a choisi de bâtir, avec son mari Helmut Vogt, son Centre International de Danses Traditionnelles Contemporaines par le biais de l’association Jant-Bi (« le soleil », en wolof).

Depuis la fermeture de Mudra Afrique, en 1982, Germaine Acogny présente ses créations et anime des stages à travers le monde : de l’Allemagne à l’Australie en passant par le Japon et les Etats-Unis. Au Sénégal, elle organise pendant 7ans des ateliers à Fanghoumé, en Casamance, avant que le conflit armé dans la région ne l’oblige à cesser cette initiative. En 1994, la chorégraphe et son mari créent alors l’association "Jant Bi". En 1996, ils inaugurent officiellement à Toubab Dialaw le "Centre international de danses traditionnelles et contemporaines africaines", communément appelé l’Ecole des Sables (Pose de la première pierre en Janvier 1996). Sans attendre le financement et la construction des futurs bâtiments, le Centre accueille en 1998 le premier stage de formation de trois mois destiné à des danseurs professionnels africain.

Grâce aux organismes partenaires du stage - l’UNESCO, le Goethe Institut de Dakar, Afrique en Créations et le Psic (fonds local de l’Union européenne) - Jant-Bi s’est affirmé d’emblée comme un nouveau carrefour international de la danse en Afrique. Cette formation aura réuni pas moins de sept nationalités. Mudra Afrique, fondé à Dakar, en 1977, par Maurice Béjart, avait déjà formé toute une génération de danseurs-chorégraphes sur le continent. Les élèves y recevaient une formation qui allait de la danse classique au théâtre, au chant en passant, bien sûr, par la danse africaine traditionnelle et contemporaine. Si Jant-Bi prolonge aujourd’hui l’esprit de Mudra, c’est non seulement par l’enseignement de la technique Acogny (« une synthèse des traditions d’Afrique de l’Ouest et des danses classique et moderne occidentales ») mais aussi par la volonté de s’ouvrir à des danseurs d’horizons différents. A Toubab Dialaw, l’échange des savoirs se fait de manière réciproque. « Contrairement à Mudra, la base de l’enseignement reste ici les danses traditionnelles, précise la directrice de Jant-Bi. Les formes ethniques constituent nos racines. Mais les danseurs africains doivent comprendre que d’autres techniques peuvent enrichir leur expression, tout comme les chorégraphes occidentaux s’inspirent de nos danses et de nos musiques. »

28 Mai 1999 : Inauguration de la Première Salle de Danse « Keur Aloopho ».

1999 : Création de la Compagnie Jant-Bi et Première Création « Le Coq est Mort » avec la chorégraphe Susanne Linke/Allemagne, avec des tournées 1999-2001 en Europe et aux Etats-Unis.

Fin 2000, début de la construction des habitations pour les stagiaires et professeurs, du « Village International de la Danse ».

Mai 2002, inauguration des premières 15 maisons avec douches et WC d’une unité de l’administration, du restaurant et de la cuisine.

Années 1998, 1999, 2001, 2002 et 2003 : Stages de formation professionnelle de 3 mois pour des danseurs africains ; ils ont réuni en tout 134 danseurs de 19 pays d’Afrique.

Les stages de formation ont jusqu’en 2002 uniquement concernés des danseurs africains. En 2003, le Centre a pour la première fois accueilli des danseurs et des artistes d’autres domaines venant de différents pays occidentaux. Cet élargissement va aller croissant puisque qu’il répond à l’un des objectifs du Centre, qui dans sa finalité a vocation à devenir un lieu de référence destiné à la rencontre entre les danseurs et les chorégraphes du monde entier et de leurs collègues africains.

Le Centre constituera ainsi à la fois une école avec un enseignement théorique et pratique, un laboratoire de recherche, un lieu de rencontre et d’échanges, de conférences, de résidences artistiques et un lieu de tourisme culturel.

Grâce à une aide importante de l’Union Européenne ainsi que d’autres partenaires et des investissements personnels de Germaine Acogny et d’Helmut Vogt, la construction du Centre est sur le point d’être achevé. L’ensemble se compose de deux grandes salles de danses, une salle de conférence/polyvalente, 24 maisons d’habitations, une cuisine, un restaurant/réfectoire.

La formation des jeunes danseurs africains depuis 1998 montre déjà très concrètement ses fruits. En effet, beaucoup parmi eux ont formé leur propre compagnies de danse et/ou école de danse et de formation dans leur pays. Ils effectuent des tournées au niveaux africains et international et prennent régulièrement des places aux Rencontres Chorégraphiques organisées par Afrique en Créations / AFAA. (4 compagnies sur 10 en 2003).

En outre, le Centre a également accueilli des compagnies dans le cadre de résidences et de créations chorégraphiques :

- A l’issue du stage de 1998 s’est créée la Compagnie Jant-Bi. La chorégraphe allemande Susanne Linke et le chorégraphe israélien Avi Kaiser ont créé le spectacle « Le coq est mort » avec 8 danseurs de ce premier stage. Cette création a connu un succès extraordinaire, et a été présentée partout en Europe et aux Etats Unis, dans des lieux aussi prestigieux que le Théâtre de la Ville à Paris, le Festival de la Nouvelle Danse à Montréal et le Festival Jacob’s Pillow aux Etats-Unis.

- En 2000, la compagnie Heddy Maalem (Toulouse), pour une création avec 8 danseurs africains intitulée « Black Spring ».

- Fin 2001, la compagnie Mawguerite de Bernardo Montet, Brest, avec 10 danseurs pour la chorégraphie « O’More ».

- 2001, création du solo de Germaine Acogny : Tchouraï.

- En 2002, la compagnie sénégalaise, « 5ème dimension » a créé sa dernière chorégraphie « Bujuman »

- En 2003-2004 : création de la chorégraphie Fagaala, une collaboration entre Germaine Acogny (Sénégal).et Kota Yamazaki (Japon) sur le thème du génocide du Rwanda, avec 7 danseurs sénégalais.

Mis à jour le mercredi 5 mai 2004