Fabriques Artistiques - 2006 - Bordeaux


"FABRIQUES ARTISTIQUES"

Enjeux et perspectives

Depuis une trentaine d’années, une série d’expériences artistiques et sociales ont pris forme au sein des territoires sans s’inscrire dans les logiques des politiques publiques. Ces espaces et projets ont cherché à construire des actions culturelles et artistiques qui inventent de nouveaux rapports aux populations et aux territoires. Ils défendent généralement la notion de service public de la culture, bousculant la règle qui indique que c’est la collectivité publique qui gère directement le service public de la culture ou qui délègue cette activité sur la base d’un contrat. L’activité artistique s’ouvre alors de nouveaux horizons...

Ces initiatives ne cessent de fleurir, engagés dans une lutte pour subsister, à la recherche d’une reconnaissance et d’une pérennité. Aujourd’hui, la question n’est plus celle de l’existence de ces espaces ou projets, mais celle de leur devenir dans le paysage culturel français...

La journée se tiendra le 27 avril au T.N.T. à Bordeaux. Elle est organisée dans le but de réfléchir et d’échanger sur ces espaces et projets.

Programme de la journée

9H30 > Accueil

10H > Art, publics et territoires

  • Henri Devier (La Gare Mondiale à Bergerac et Le Melkior Théâtre)
  • Gabi Farage (Le Bruit du Frigo à Bordeaux)
  • Isabelle Kraiser (Photographe-performeuse de Bordeaux)

12H > Apportez votre pique-nique !

14H > Le jeu institutionnel

  • Philippe Foulquié (Directeur de la friche La Belle de Mai à Marseille)
  • Fabrice Raffin (Sociologue, directeur de recherches à S.E.A. à Paris)
  • Pierre Gonzales (Poète-performer, association ABI ABO et friche RVI à Lyon)

16H30 > Les enjeux économiques

  • Jean Djemad (Directeur de la compagnie Black Blanc Beur à Saint Quentin en Yvelines)
  • Laurie Blazy (Coordinatrice du COUAC à Toulouse)

THEMATIQUES

Trois thèmes, qui nous ont semblé centraux dans l’actualité de ces lieux, seront abordés :

Le premier touche à la problématique de la population et des territoires. Des artistes s’installent au sein des territoires pour développer de nouvelles approches de l’action culturelle tout en cherchant à s’inscrire dans la vie locale et établir des relations permanentes avec les populations. Ceci concerne autant des projets, des lieux que des actions artistiques. Ces démarches s’accompagnent souvent d’ouverture à un large public, de démocratisation de la culture et d’ancrage sur le territoire. Nous pouvons aujourd’hui nous interroger sur ses actions menées et sur la capacité à rencontrer de nouveaux publics. Comment ces actions s’inscrivent-elles dans le territoire ? Participent-elles à la transformation de ces mêmes territoires ? Comment sont considérées les populations au sein de ces projets ? Existe-t-il des nouvelles modalités d’implication, d’appropriation et de participation des populations ? Comment les populations sont prises en compte à travers ces expériences ? Peut on parler de "nouveaux" publics ?

Le second concerne le jeu institutionnel. Au fur et à mesure que le territoire s’équipe, la culture devient un enjeu politique et ceci dès la fin de la seconde guerre mondiale. Cette tendance favorise donc une multiplication et une diversification des politiques culturelles locales. Les fabriques artistiques et cette "nouvelle" façon d’appréhender l’action culturelle vont être directement concernées par ce mouvement. La décentralisation va permettre le renforcement de la présence des collectivités locales dans le champ culturel et amener davantage ce dernier vers une forme de coproduction entre l’État et les collectivités. En optant pour un transfert de compétences dans le domaine culturel, l’Etat se désengage pour laisser plus de place aux acteurs locaux, tout en imposant un encadrement normatif. Or ces derniers ne semblent pas s’adapter à la singularité des modes de fonctionnement, d’organisation et des actions que développent ces espaces- projets. Les questions des politiques publiques mises en œuvre et plus particulièrement celle de l’action culturelle vont alors être primordiales. Comment se positionnent ces actions face à ce jeu institutionnel ? Cette réorganisation de l’action culturelle locale joue-t-elle ou non en faveur de ces expériences ? Quelle reconnaissance institutionnelle pour ces espaces ?

Le troisième point se focalise sur les perspectives économiques à adopter pour rendre viable ces projets. Un des points communs de ces actions est une forte précarité économique. Parallèlement de nouveaux acteurs "non- culturels" interviennent de plus en plus dans ce champ par le biais des appels d’offre. Est-ce que les collectivités et les acteurs culturels de ces expériences vont réussir à construire de l’intelligence économique pour faire face au contexte européen ? Quelles sont donc les modalités de fonctionnement et d’organisation inventées pour faire exister ces projets ? Quelles solutions financières et législatives doivent être élaborées ? Quelles pistes doit-on ouvrir pour l’avenir alors que les subventions publiques ne semblent plus pouvoir suffire ? Comment utiliser les financements privés comme le mécénat tout en conservant un engagement politique et artistique ? Quels produits et /ou activités développer pour permettre une intégration de ces lieux dans l’économie locale ? Pourrait- on penser à un soutien inter- structure ?

Avec la participation et le soutien du FSDIE, du Master pro II Droit des Créations intellectuelles et Droit et Administration des établissements culturels, du TNT-Manufacture de Chaussures et des Côtes de Bourg.

Mis à jour le mardi 6 octobre 2009