groupement d’Acteurs Unis pour la Transformation,
la Recherche et l’Expérimentation (Sur les relations entre) Populations, ART et Société
HISTORIQUE
2000-2007
L’association Autre(s)pARTs est née le 1er septembre 2000 d’un double constat : le développement de nouveaux lieux, de nouveaux projets qui, sur le territoire, tentent de repenser l’action artistique et culturelle, et la difficulté pour les instances civiles ou publiques de repérer, de reconnaître et de soutenir ces initiatives.
Dès juillet 2000, la revue Cassandre faisait paraître dans Libération un appel intitulé "Que vive l’art", signé par de nombreux acteurs artistiques, culturels ou politiques. Cet appel estimait utile de "fonder des groupes de réflexion et d’action autour des pratiques artistiques en lien avec les populations".
Dans cet esprit, l’association Autre(s)pARTs a été créée par des porteurs d’expériences qui relèvent d’initiatives individuelles ou collectives dont les projets artistiques et culturels ont fait et font encore l’objet de débats, entre autres dans le champ des politiques publiques.
Les membres fondateurs étaient : Philippe Henry, Jean Hurstel, Nicolas Roméas, Karine Noulette, Jean-Jacques Hocquard, Olivier Couderc, Chantal Lamarre, Eric Chevance, Christian Benedetti, Philippe Foulquié, Fazette Bordage.
Après une année de prise de connaissance de nos projets respectifs, de discussions de fond sur le sens de notre regroupement, prise de temps nécessaire à la mise en place d’un fonctionnement, il s’agit désormais d’ouvrir la dynamique au plus grand nombre tant pour la réflexion que pour l’action.
PRÉSENTATION
Une nouvelle façon d’envisager l’action artistique et culturelle, plus proche des réalités contemporaines, plus en phase avec le monde et la société, est aujourd’hui portée par des personnes et des collectifs qui vivent et travaillent la plupart du temps dans une grande précarité. Malgré l¹intérêt récemment manifesté au sein du Ministère de la Culture par le Secrétariat d’Etat à la Décentralisation Culturelle pour ces espaces improprement appelés "intermédiaires", la plupart des institutions publiques apréhende difficilement ce phénomène émergent. Or, le mouvement qui apparaît ici après des années de travail dans l’ombre pour certains est un mouvement de fond auquel il faut porter la plus grande attention.
Quels sont-ils, ces projets, ces lieux ? Comment les définir, les qualifier ? Quels positionnements politiques, culturels, humains, les sous-tendent ? Au coeur de leur problématique se trouve l’acte artistique, non pas l’oeuvre achevée et présentée à un public averti, mais plutôt l’oeuvre dans sa totalité, y compris les processus d’élaboration, y compris les modes de production, l’oeuvre dans son rapport au monde. Cela induit des relations singulières, étroites, entre les artistes, leur travail et les populations, cela signifie un renouvellement des approches de l’art, centrées non plus sur la production d’oeuvres mais sur les liens induits par le travail artistique.
Pour cela, il est nécessaire de repenser, de réinventer les lieux de travail, c’est pourquoi nombre de ces projets se sont développés dans des friches industrielles. Ce sont des espaces de mixité sociale, de rencontres et de paroles, d’échange, de mise en commun. Quant à leur fonctionnement, il se démarque lui aussi des schémas habituels. Souvent fondés sur des collectifs d¹artistes, d’opérateurs ou même d’habitants, ils remettent en cause les rapports hiérarchiques et les organisations pyramidales et par là, posent la question de la circulation du pouvoir. Ils allient au quotidien la rigueur d’une gestion naturellement serrée à la souplesse d’une adaptation permanente aux évolutions sociales et artistiques. C’est d’ailleurs cette qualité de mouvement, de remise en question permanente qui en est le trait le plus frappant. Leur histoire singulière, liée à l’identité de chacun des territoires et des populations, à la mémoire du travail et à celles des lieux eux-mêmes a engendré de fortes différences entre ces projets, mais ces différences ne sont que de forme. Ce qui les rassemble est un ciment bien plus solide, celui des valeurs communes et partagées.
L’association Autres(s)pARTs, constituée en septembre 2000, souhaite mettre en commun expériences, réflexions et recherches sur cette évolution et ces pratiques. Fondateurs de projets singuliers, nous nous reconnaissons dans les valeurs du service public de l’art et de la culture et de la décentralisation. Nous inventons de nouveaux rapports aux populations et aux territoires. Par les échanges interdisciplinaires et la prise en compte dans nos actions des éléments sociétaux dans toutes ses composantes, artistiques, culturelles, économiques, sociales, urbaines, notre positionnement est proprement politique. Hors des structures institutionnelles de notre pays, différents de tous les types d’établissement habituellement repérés, nous ne nous retrouvons pas dans les politiques publiques de l’art et de la culture.
Or, oeuvrant dans l’espace public, sur des territoires singuliers, auprès de populations souvent délaissées, inscrivant nos actions non dans un confortable événementiel mais dans la durée, nous revendiquons un soutien solide et affirmé des collectivités publiques. Ce soutien ne se limite pas aux seuls moyens financiers, mais doit aussi se décliner en terme de reconnaissance des actions et de prise de position sur les importantes mutations artistiques actuelles.
Après un an de réflexion sur les fondements et les actions de l’association, nous voulons rendre publics nos engagements et nous ouvrir à ceux qui se reconnaîtront dans ces valeurs. Autres(s)pARTs se veut un regroupement non un réseau fondé sur la solidarité, la mutualisation des idées et des moyens, un lieu d’échange et de confrontation de tous ces projets. Nous affirmons donc aujourd’hui nos préoccupations et nos objectifs : partout sur le territoire, soutenir et accompagner ceux qui, comme nous, se sont lancés dans cette aventure de fonder des projets au confluent de l’art vivant et de la société ; créer une véritable dynamique collective pour peser sur les décisions politiques ; installer durablement ces projets afin qu¹ils puissent non seulement se développer dans des conditions acceptables mais aussi et surtout poser les bases de ce que l’on peut appeler une nouvelle époque de l’action artistique et culturelle.
C’est un enjeu majeur qui se présente ainsi à nous : replacer la relation entre les artistes et la population au coeur des processus de création et poser une alternative exigeante et démocratique à l’inertie des institutions culturelles, participer au développement d’un tiers secteur entre économie publique et économie de marché. Pour cela, pour passer de la réflexion à la nécessaire action, nous proposons donc à tous ceux qui se retrouvent dans nos valeurs et nos démarches de prendre contact avec nous et de nous rejoindre dès aujourd’hui.
OBJECTIFS et CHANTIERS en COURS
2000-2007
"favoriser la mise en œuvre d’un centre commun de réflexion, de recherche et d’action pour la valorisation des projets et des lieux qui organisent leurs pratiques et expérimentations autour de nouvelles et autres relations entre arts, territoires et populations."
Ces objectifs sont amenés à se concrétiser dans la mise en place d’un certain nombre de fonctions :
- une plate-forme de réflexion et de connection, organisée sur ce site, autour de plusieurs outils : archivage et production de forums de discussion ; base de données comportant différents liens (groupes artistiques et lieux ; réseaux culturels nationaux et européens, institutions/politiques culturelles…)
- un espace mutualisé d’entraide, d’expertise et de diagnostic, accessible aux lieux et groupes décidant de mutualiser leurs expériences, ayant pour vocation d’aider à la conception et au montage de projet.
- un pôle de recherche sur les mécanismes financiers existants ou à inventer, pour accompagner ces lieux et projets qui ne rentrent pas dans les "cases" des dispositifs traditionnels de financement.
Le chantier est ouvert !



