Point de vue 1 : Nous devons nommer nos pratiques ! - Mars 2010

Nous ne devons pas abandonner « l’excellence artistique » à quelques esthètes autorisés. Nous ne devons pas nous laisser confisquer l’espace et le vocabulaire…

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Notre engagement dans un art « émancipé » qui par définition et vocation se doit d’être marginal, original, alternatif fait que l’on nous colle des étiquettes, justement de marginaux, d’originaux et d’alternatifs qui justifient des conditions d’existences pénibles et des situations déplorables... Ce que l’on appelle les nouveaux territoires de l’art sont particulièrement propices à l’exploration et la recherche artistique. Ces dispositifs d’irruptions créatives sont, de façon tout à fait regrettable, essentiellement appréciés pour le terrain qu’ils occupent et le public qu’ils touchent : le domaine de l’action artistique est loué pour ses capacités apaisantes sur les populations, rarement gratifié et reconnu pour ses productions singulières.

Les nouveaux territoires de l’art ne se limitent pas nécessairement à des espaces. C’est une façon de faire « autrement » qui conteste par ses démarches et par ses formes les règles de « l’art culturel » habituellement proposé.

Nous devons positionner notre « occupation » du territoire, nommer nos pratiques : essayer là encore « autrement ». Revendiquer notre Art du Territoire comme un mouvement artistique à part entière... peuplé « d’excellents » artistes.

Il faut « accabler » l’Art par son insistance à le désacraliser. Ne recherchons pas la perfection, méfions nous en : il est essentiel de placer la virtuosité à l’endroit de « l’acompétence ».

L’Art a beaucoup à voir avec l’aberration, avec un écart de la réalité d’où sa finalité paradoxale mais salutaire : celle de faire supporter sa situation tout en se révoltant contre ses conditions d’existence.
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Yves Fravega (Cie L’Art de Vivre-Le Comptoir de la Victorine), mars 2010
Membre d’ARTfactories/Autre(s)pARTs



Mis à jour le vendredi 6 avril 2012