Débat expérimental "penser passerelle"


Contact

Centre d’art Passerelle
Adresse : 41 rue Charles Berthelot 29200 Brest
Tel : 33 2 98 43 34 95
Fax : 33 2 98 43 29 67
e-mail : passerelle@infini.fr
Site web : www.passerelle.infini.fr/frame.htm
Contact : Chantal Bideau, présidente et coordinatrice ; Emmanuelle Baleydier, chargé de communication


" Penser Passerelle " proposition pour un débat expérimental, le samedi 1er février 2003

Nous proposons d’entamer un débat public concernant les usages possibles et les orientations futures de Passerelle, espace d’art et de culture à Brest. Ce débat se déroulera dans un premier temps selon une forme expérimentale, artistique, à travers un processus de recherche impliquant une quinzaine de personnes venant d’horizons différents. Il s’agit de confronter et de redistribuer les compétences et les désirs de différents usagers, professionnels, théoriciens, praticiens, médiateurs, associatifs, administrateurs, travailleurs, habitants ; d’interroger et de mettre en mouvement les rôles de chacun, par rapport à l’enjeu partagé. Dans un second temps, le travail de questionnement accompli par ce groupe sera rendu visible par des traductions typographiques exposées à l’intérieur de Passerelle, où il servira de "toile de fond" pour une séance plénière de débat impliquant d’autres intervenants, toujours autour des mêmes thèmes. La forme et le contenu de la séance plénière seront décidés par le groupe avec le souci d’ouvrir le débat le plus que possible à un questionnement effectif et largement partagé, qui puisse contribuer à la transformation positive de la structure, selon les souhaits de ceux qui s’en occupent actuellement, et selon le potentiel qui est inscrit dans son histoire et dans son rapport à la ville.

Quels sont les enjeux de ce débat ?

Passerelle se trouve aujourd’hui à un moment charnière, où son développement futur est en jeu. Il faut tracer un chemin qui associe des projets utopiques et des possibilités concrètes de réalisation. Mais nous le savons tous, la notion de "développement futur" recouvre des sens multiples. Il s’agit de l’épanouissement artistique et culturel des visiteurs de Passerelle, mais aussi de ceux qui produisent ou se produisent dans l’espace ; il s’agit du développement du quartier, dans le sens économique sans doute, mais aussi en termes d’ambiance, de qualités de vie ; il s’agit du développement de la communication sociale, entre les Brestois eux-mêmes, autour de l’art et d’événements culturels, mais également entre différents habitants de la ville et des gens venus d’ailleurs ; et il s’agit encore du développement de rapports de coopération entre Passerelle et d’autres structures, associatives et publiques au niveau de la ville de Brest, mais aussi aux niveaux national et international. Tout ceci est à penser (mais aussi à sentir) en relation d’abord aux types de pratiques qui trouvent actuellement leur lieu de concrétisation à Passerelle, mais aussi en relation aux pratiques que l’on pourrait vouloir rechercher ou encourager. L’épanouissement du lieu et de son environnement dépend d’une bonne compréhension du lien, toujours un peu énigmatique, entre des pratiques singulières, ponctuelles, et des axes de développement prolongés dans le temps. Mais tout projet pour Passerelle doit également se poser par rapport aux perceptions courantes de l’art, de la culture et des espaces afférents, et par rapport aux modèles existants pour le développement d’un espace d’art et de culture, afin de rester en prise avec les attentes qui peuvent exister à différents niveaux, si ce n’est que pour mieux les déborder, les contourner, ou tout simplement, les combler au-delà de toute attente.

À l’aune du désir et du rêve

Aucun super-ordinateur ne pourrait résoudre des questions d’une telle complexité, d’une telle subtilité, et nous ne proposons en aucune façon un travail d’analyse et de "conseil", qui à notre avis ne permet qu’un ajustement fonctionnel à des contraintes et donc, une reconduction de l’un des modèles déjà existants. Il s’agit plutôt d’explorer, de façon libre mais informée, des possibles. D’un côté, il est utile d’identifier un certain nombre de solutions existantes, et de voir jusqu’à quel point, dans ses recherches de fonds et de collaborations, Passerelle a trouvé à s’orienter par rapport à ces solutions "toutes faites". Quels sont les points positifs, qu’est-ce qui manque dans l’équilibre ? Ce sont des questions de valeurs, qui ne s’apprécient pleinement qu’à l’aune du désir et du rêve. Il faut alors se donner la liberté de rêver les possibles de l’art, de la ville de Brest, de l’époque actuelle, de la France, de l’Europe et du monde. Pour ceci, il faut associer des personnes assez différentes, en essayant de trouver, au-delà des compétences techniques de chacun, l’endroit où leur incompétence fait tilt chez l’autre, devient productif. En cherchant une image pour ce processus, on a même pu parler d’une "Agence pour l’emploi des incompétences" - ce qui a l’avantage de donner au moins l’avant-goût d’une économie au-delà de la pure fonctionnalité. En tout cas, notre souhait, en posant un projet expérimental qui débouche sur une réalisation concrète et publique, c’est de suggérer par ce processus même d’autres voies de développement pour Passerelle, qui ne relèvent pas uniquement de la programmation culturelle (par des professionnels, pour un public ciblé). En mélangeant des informations à des questionnements, selon un processus de partage à travers des cercles grandissants, il s’agit de retrouver l’utopie de la participation publique à la prise des décisions, et de réaliser cette utopie une fois - de façon nécessairement incomplète, spécifique et ouverte à des développements futurs.

François Deck, Brian Holmes, Stephen Wright

Mis à jour le mardi 12 mai 2009