Aller de la démocratisation de la haute culture à une véritable démocratie culturelle

La démocratisation de la haute culture, "ouvrir au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité", utopie fondatrice du ministre des affaires culturelles, a échoué. Non seulement la consommation de cette culture instituée n’implique que 10 à 20% de la population, mais surtout elle n’a pas permis de franchir la frontière sociale irrémédiable qui s’élève entre la population concernée et le plus grand nombre. Les consommateurs de cette culture sont en particulier des personnes disposant d’un diplôme universitaire du 3ème cycle et des cadres, les ouvriers et les employés continuant à former une partie très restreinte de ceux qui "pratiquent" les manifestations culturelles proposées par les équipements culturels publics et les équipes de création contemporaines associées. Néanmoins et parallèlement, la démocratie culturelle, "développer au plus haut point la créativité et la culture - dont artistique - dont chacun dispose", a pris de l’ampleur. Cela s’est fait par un nombre toujours plus important de projets, d’initiatives qui touchent des segments de population jusqu’ici exclus de l’offre culturelle traditionnelle (habitants des quartiers "sensibles", etc.), la politique de la ville ayant joué un rôle important d’accélérateur de ce mouvement. Dépasser cette opposition dialectique, particulièrement marquée et handicapante dans notre pays, exige là encore une modification profonde de nos modes d’approche de l’art.

Proposition 2

Si la démocratisation de la culture s’est essentiellement fondée sur les œuvres artistiques matérialisées et sur les artistes les ayant produites, le déplacement contemporain de l’intérêt vers la dynamique ou le processus artistique ne suffira pas pour concerner un plus grand nombre.

Pour ce faire, Autre(s)pARTs soutient qu’il faut désormais situer le centre de gravité des démarches artistiques sur les parcours relationnels qui cherchent à renouveler nos modes de symbolisation et de socialisation. La question de l’éprouvé sensible, propre à chacun mais qui s’agit ensemble, nous semble particulièrement décisive. Ce qui est à remettre au centre des démarches artistiques, ce sont donc les relations et vécus esthétiques qui sont activés, ceux-ci restant d’ailleurs ouverts et traversés par d’autres motivations existentielles et sociales.

Par voie de conséquence, chaque démarche artistique porte son propre mode de valorisation, partageable mais fondé sur sa dynamique relationnelle singulière.

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Mis à jour le vendredi 23 octobre 2009