Actes de la rencontre "Economie et Nouveaux Territoires de l’Art" - Octobre COUAC

Le 7 octobre 2006 à la Grainerie à Balma (Grand Toulouse), s’est tenue une rencontre autour du thème "Économie et Nouveaux Territoires de l’Art", organisée par le COUAC (Collectif Urgence d’Acteurs Culturels de l’agglomération toulousaine), la mission NTA à l’Institut des Villes et l’Ufisc. Cette synthèse rédigée par Frédéric Kahn et Dominique Delord reprend l’ensemble des interventions de cette journée ainsi que les différents échanges qui s’y sont tenus. Octobre 2006 - 47p.


Le COUAC (Collectif Urgence d’Acteurs Culturels de l’agglomération toulousaine), la mission NTA à l’Institut des Villes et l’Ufisc sont les initiateurs de ces deux journées professionnelles qui se sont déroulées les 6 et le 7 octobre à la Grainerie à Balma (Grand Toulouse). La première journée était consacrée à l’économie solidaire et culturelle (en partenariat avec l’Ufisc), la seconde à la relation entre Économie et Nouveaux Territoires de l’Art (en partenariat avec l’Institut des Villes).

Ces rencontres ont en outre bénéficié de la présence des membres de l’association Autre(s)pARTs (dont la commission "Lieux" du Couac faisait partie).

Le COUAC regroupe une cinquantaine d’acteurs culturels sur le Grand Toulouse, dont trois espaces-projets identifiés comme des NTA : la Grainerie, Mix’Art Myrys et l’Usine. Fondée sur le constat qu’il n’y avait pas dans l’agglomération toulousaine, de lieu de réflexion et de coordination, ni d’outil de proposition en matière de développement de la politique culturelle dans les champs non couverts et pris en charge par l’institution, l’association le COUAC s’engage depuis maintenant cinq ans sur 4 axes de réflexion et d’action :
- la proximité, l’accessibilité, la démocratie de la culture et de l’acte artistique ;
- la reconnaissance de la culture en tant que service d’utilité publique et la défense de sa dimension non marchande ;
- l’ouverture de lieux, de création, de diffusion, de formation et d’échanges ;
- la redéfinition du rapport des institutions aux acteurs culturels.

Pourquoi le thème "Économie et Culture" ? "La question de la relation des NTA à l’économie est essentielle. Nous manquons d’éléments pour défendre la nécessité économique des NTA, notamment auprès des collectivités publiques et du Ministère de la culture." (Claude Renard) Globalement, la puissance publique n’a pas encore pris toute la mesure de ce défi artistique et culturel. "Ces espaces posent les questions de développement urbain de manière surprenante pour les élus et les aménageurs. Un certain nombre de NTA arrive à être pris en compte par les contrats d’agglomération. Mais les acteurs de ces lieux ont encore du mal à être pris en compte comme de véritables partenaires de la transformation urbaine dans le pilotage des projets." (Claude Renard)

La phrase de René Char : "Notre héritage n’est précédé d’aucun testament", correspond bien à l’esprit qui anime les acteurs de ces lieux, qui est de poursuivre l’esprit de démocratie culturelle porté par ces projets. Pour ouvrir les prises de parole, Claude Renard cite Hanna Arendt dans "La crise de la Culture" : "L’appel de la pensée se fait entendre dans l’étrange entre-deux qui s’insère parfois dans le temps historique. Non seulement les historiens, mais les acteurs et les témoins, les vivants eux-mêmes prennent conscience d’un intervalle dans le temps qui est entièrement déterminé par des choses qui ne sont plus et par des choses qui ne sont pas encore. Ces entre deux peuvent receler des moments de vérité". J’espère que l’on sera aujourd’hui dans cet entre-deux collectif et productif, pour "une utopie concrète pour un avenir encore en friche" (Philippe Henry).

Mis à jour le mercredi 26 mai 2010